82e anniversaire de la libération de Paris

Évènement

Mise à jour le 25/08/2026

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La Libération de Paris, le 25 août 1944, marque un moment décisif de l'histoire de la France et symbolise la fin de l'occupation nazie dans la capitale. Cette année, nous commémorons le 82e anniversaire de cet événement qui a changé notre Histoire.

Discours de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement

Mesdames, messieurs les élus, chers collègues,

Monsieur le Président, cher Claude Seninge,

Madame la Présidente, chère Wendy Szefner,

Monsieur le Président, cher Ahmed Goudjil,

Chers élèves des centres de loisirs

Mesdames, messieurs, chers amis,

Il y a 82 ans jour pour jour, Paris, les Parisiennes et les Parisiens se libéraient. Notre ville qui venait de vivre quatre années d’Occupation retrouvait, grâce à celles et ceux qui n’avaient jamais cessé de croire aux lumières de notre pays : la liberté.

En ce 25 août que nous tenons à commémorer avec mon équipe depuis 2014 car nous avons à cœur cet engagement patriotique et mémoriel, je veux d’abord avoir une pensée reconnaissante et émue pour celles et ceux qui ont combattu pour cette liberté, si chère. Je veux aussi remercier nos anciens combattants, qui, année après année, demeurent fidèles à nos cérémonies.

Le 25 août 1944 est une date qui dit quelque chose de la France. La Libération de Paris, c’est la France qui refuse de se résigner. C’est la France combattante qui retrouve sa capitale et sa fierté. C’est la France libre qui devient, aux yeux de tous, une réalité.

Derrière cette victoire, il y a des femmes et des hommes qui ont fait le choix du courage. Il faut redire les noms de ceux qui ont porté cette espérance même dans les nuits les plus sombres.

Localement, je pense au rôle crucial du comité de libération du 9e arrondissement dont le siège se trouvait ici-même au 6 rue Drouot. Ce comité aux opinions politiques certes différentes n’avait qu’une seule boussole : l’intérêt de la patrie. Je pense à Maurice Fontaine, à ses adjoints Lucienne Didner, Aimé Tixier, Jules Vaugon ou encore Roger Bordet.

Je pense à l’échelle nationale au général Leclerc et à ses hommes de la 2e Division blindée, qui ont traversé l’Afrique, la Normandie, puis marché sur Paris jusque dans le secteur de l’Opéra, siège de la Kommandantur à la déroute, à quelques mètres d’ici, avec cette conviction chevillée au corps : Paris devait être libéré par les Français.

Le général Koenig, figure de la France combattante, dont les soldats héroïques de Bir Hakeim avaient déjà montré au monde que la France n’avait pas cessé de combattre.

Puis il y a naturellement Charles de Gaulle. Il faut se souvenir de ce que fut sa solitude. En juin 1940, lorsqu’il appelle à poursuivre le combat, il est presque seul. Il n’a ni armée, ni territoire, ni gouvernement, ni légitimité. Il n’a, pour ainsi dire, que sa voix, celle du 18 juin, sa conviction et cette idée immense : la France ne peut pas être vaincue parce que la France ne peut pas renoncer à elle-même.

Il y a eu les noms restés célèbres, et pour cause, mais il existe aussi une foule d’anonymes dont les noms méritent d’être cités. Ils s’appelaient Madeleine Pauliac (médecin), Claude Rodier (physicienne), Gérald Schrader (étudiant), Claude Hanriot (volontaire de la Croix Rouge française du 9e), et 82 ans plus tard tant leur sacrifice que leur mémoire sont ancrés ici dans le 9e : par une plaque, le nom d’une rue ou encore celui d’une école. Notre dette est immense.

La Résistance et la France libre ne sont donc pas des mots abstraits que nous répétons par habitude. Ce sont des choix faits par des hommes et des femmes qui savaient ce qu’ils risquaient. Des choix qui pouvaient conduire à la prison, à la torture, à la déportation ou à la mort.

C’est aussi pour cela qu’il faut saluer le succès populaire de l’épopée de Gaulle au cinéma. Ce film fait œuvre utile car il permet de raconter à nouveau ce moment où une poignée de femmes et d’hommes ont refusé que la France disparaisse derrière la défaite et la collaboration.

Le 7e art ne remplace évidemment pas le précieux travail des historiens mais il peut donner envie de comprendre, de lire et surtout, il peut rappeler à des générations qui, comme nous autres, n’ont pas connu la guerre.

Et puis il y a Paris. La grande Histoire devient ici notre histoire. Ici, dans nos rues du 9e, dans nos immeubles, dans ces lieux que nous traversons aujourd’hui sans toujours savoir ce qui s’y est joué. A partir du 19 août 1944, nos rues du Faubourg Montmartre, Geoffroy Marie, Montyon ou encore Taitbout étaient pleinement engagées dans le soulèvement contre l’Occupant.

Le 25 août 1944, à l’échelle de Paris, ce sont des soldats qui entrent dans la ville. C’est le moment où des femmes et des hommes peuvent enfin sortir dans la rue sans baisser les yeux. C’est le moment où l’on peut à nouveau pavoiser le drapeau tricolore. C’est le moment où l’on peut crier, chanter, embrasser ceux que l’on aime. Des Parisiens libres et fiers.

Les poètes dont l’acuité ne faillit pas l’avaient compris avant même que Paris soit libéré. Dans son poème « Paris », Louis Aragon écrit la capitale comme une ville qui, malgré la nuit, continue de porter en elle l’espoir. Quant à Paul Éluard, dans « Courage », il écrit ces mots : « Paris a froid Paris a faim ». Ce poème, loin d’être celui de la résignation, est celui d’une ville qui tient, qui souffre mais qui continue d’espérer, qui attend mais qui se prépare déjà à renaître.

Se souvenir de 1944, c’est comprendre ce que la liberté a coûté. C’est se rappeler ce qu’ont été les années 40 : la guerre, l’oppression, le déclin de nos droits les plus fondamentaux, la mise au ban des juifs puis leur mise à mort délibérée, la Shoah. C’est palper la fragilité de ce que nous croyons parfois naïvement comme acquis. C’est savoir que la République, la démocratie, la souveraineté et la liberté ne sont pas des évidences. Elles vivent 82 ans après parce que des générations qui en sont les héritières et les dépositaires les défendent.

Alors, en ce 25 août, notre reconnaissance va aux combattants de la France libre, aux Résistants, à tous ceux qui ont combattu et qui sont tombés.

Aujourd’hui, nous nous souvenons et savons ce que signifie être libre.

Vive la République ! Vive la France !