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COMMÉMORATION DE LA VICTOIRE DU 8 MAI 1945 - Allocution de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement de Paris

Mise à jour le 12/05/2021
Allocution de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement de Paris
"L’an dernier, jour pour jour, nous étions cinq devant ce monument aux morts, sans public et sans les enfants des écoles traditionnellement présents à cette cérémonie commémorative. Cinq élus et représentants des associations d’anciens combattants, avec vous Denis et Claude, accompagnés de deux porte-drapeaux pour commémorer ce jour si particulier de l’histoire de notre pays, la victoire du 8 mai 1945.
Ce matin, nous sommes certes un tout petit peu plus nombreux et je m’en réjouis, mais nous sommes toujours confrontés à ce contexte difficile lié à la plus grave crise sanitaire depuis un siècle. Et nous devons continuer à rester vigilants.
En ce 8 mai 2021, nous rendons les honneurs, ici, dans cette cour de la mairie du 9e arrondissement de Paris, aux Hommes et aux Femmes pour lesquels le sens donné à leur vie fût celui du devoir.
A l’instar d’Antoine de Saint – Exupéry, qui, quelques jours avant sa disparition en 1944, écrivait « Donner un sens à sa vie, c’est donner un sens à sa mort. »
Ces hommes et ces femmes, ces enfants ont connu l’exode, la privation, la déportation, l’éloignement, la peur, l’horreur, l’occupation, les camps d’extermination … ils ont résisté, ils ont combattu l’ennemi, ils sont morts pour la France, pour sa grandeur et sa liberté.
Nous commémorons aujourd’hui la fin de la seconde guerre mondiale, de cinq années d’une guerre d’une violence inouïe qui restent et resteront gravées dans nos mémoires collectives. La fin d’un conflit qui reste une plaie béante dans l’histoire du 20e siècle, la victoire des Alliés qui ont officiellement vaincu l’Allemagne Nazie, et la liberté et la paix retrouvées en France et au-delà dans toute Europe occidentale.
Une paix qui était bien plus qu’une victoire contre l’ennemi. Une paix qui fut la première pierre de la construction de l’Union européenne. Une Europe naît en 1950, qui reste, 70 ans après, malgré tout, notre salut face aux défis, et ils sont nombreux, auxquels nous faisons face. Nous ne nous faisons plus la guerre entre nous. Mais, nous sommes tous conscients ici cependant d’être aujourd’hui, à la croisée des chemins en proie aux populismes, certains sont prêts à céder aux sirènes identitaires, qui de l’extrême droite à l’extrême gauche cherchent à nous diviser et à nous détourner de notre idéal républicain. Le danger est là et ces moments de recueillement, ces cérémonies républicaines nous donnent, à nous, une responsabilité particulière d’abord envers ceux qui se battus et qui sont morts pour notre liberté. Se souvenir de la barbarie qui a meurtri notre continent au siècle dernier, et qui, au nom d’une idéologie mortifère, au nom de l’antisémitisme, a conduit à la persécution, aux massacres, à la déportation et à l’extermination de millions d’hommes, de femmes, d’enfants.
Nous devons continuer à nous rassembler autour des valeurs humanistes de notre République, à prôner le partage, la tolérance et l’ouverture comme le firent ces hommes et ces femmes, de toutes conditions sociales, de toutes origines, ces noms, ces visages, Charles de Gaulle, Missak Manouchian, Jacques Decour, Jean Moulin, Lucie Aubrac, Cécile Rol Tanguy, Guy Môquet, Honoré d’Estienne d’Orves, bien sur les Justes parmi les Nations, nos amis Lucien Benaidi et Philippe Ginztburger, ici présent, sans oublier Daniel Cordier disparu l’an dernier et tant d’autres. Toutes et tous ont eu la force et la volonté de dire NON, à l’oppression et à l’occupation nazie … Ils étaient des milliers et méritent notre respect et notre reconnaissance. Ils ont risqué leur vie, ils ont donné leur vie pour sauver celle des autres et défendre leurs valeurs et notre devise : « Liberté, Égalité, Fraternité ».
Nous leur devons notre Liberté d’aujourd’hui. A nous de donner à nos enfants leur liberté de demain, avec détermination et persévérance.
Vive la République et vive la France !"