Discours de Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement de Paris - Cérémonie en hommage aux victimes de l'explosion rue de Trévise, 4 ans après
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Mise à jour le 12/01/2023

Discours de Delphine Bürkli, maire du 9e arrondissement de Paris - Cérémonie en hommage aux victimes de l'explosion rue de Trévise, 4 ans après, 12 janvier 2023
« Ce matin du 12 janvier 2019, la caserne
des pompiers de Château d’Eau a payé un lourd tribut, avec la mort de Nathanaël
Josselin et de Simon Cartanaz qui ont donné leurs vies pour sauver celles des
autres. Je veux aussi avoir une pensée émue pour votre femme Laura, cher Luis
Miguel, et pour Adèle. Des vies fauchées, ce 12 janvier 2019 à 09h00. Je
voudrais vous dire Luis-Miguel à quel point nous sommes émus de vous voir ici,
vous qui revenez pour la première fois depuis quatre ans sur les lieux du
drame. Quel courage, il vous aura fallu ! Je veux également assurer les parents
de Simon, Anaïs et Océane, que je vois également parmi nous, ce matin, de notre
affection et de notre compassion.
Voilà. Nous sommes
ici, une nouvelle fois, dans cette rue, au même endroit, comme chaque année,
depuis quatre ans. Chère Linda, chère Dominique, « c’est votre moment à vous »,
ce sont vos mots que je reprends, …, ici près de cette palissade, qui fait
maintenant partie du décor de cette rue. Un jour, nous l’espérons tous, elle
disparaitra et cette rue retrouvera son visage d’antan. Mais nous saurons tous,
nous nous souviendrons toujours, que des centaines de personnes ont souffert,
ici, à cet endroit, que des vies ont été brisées, que des familles ont été
dévastées, que des hommes et des femmes ont été touchées dans leur chair par
cette explosion abominable, et je pense à vous Amor, Ameroch, Angela, et
biensûr nous pensons à Inès qui subit aujourd’hui même une nouvelle opération
chirurgicale pour tenter de retrouver l’usage de ses jambes. Je pense aussi
avec beaucoup d’émotion à Monsieur Grandamy et à notre ami Raphaël Thierry qui
nous ont quittés quelques mois après l’explosion, une explosion qui a miné leur
vie au point de la perdre.
Et puis, je n’oublie
évidemment pas ces dizaines de familles, sinistrées, qui n’ont toujours pas pu
regagner leur domicile et qui, désespèrent de pouvoir le rejoindre un jour.
Ce matin, c’est aussi
un moment particulier pour ne pas dire suspendu où la parole se libère, une
émouvante parenthèse dans laquelle vous exprimez vos sentiments, votre
lassitude, votre colère, votre fatigue et vos espoirs.
Sans vous
paraphraser, chères Dominique et Linda, je suis traversée par ces mêmes
sentiments : lenteur, tracasseries administratives, pinaillage bureaucratique
des compagnies d’assurance et une rue toujours encombrée, de la poussière et du
bruit pour seul horizon.
Dans ce paysage un
peu sombre, je voudrais vous faire partager un échange que nous avons eu hier
matin avec le préfet de région, Marc Guillaume, un grand commis de l’état, lui
aussi finalement agacé par cette lenteur, et qui au cours de ce comité local
d’aide aux victimes, a tapé du poing sur la table. Comme vous, comme moi, il
veut que les indemnités soient versées au plus vite, conformément aux
engagements qui ont été pris l’an dernier, au moment de la signature de
l’accord-cadre. Qu’est-ce que nous a dit le Préfet ? Que chacun prenne ses
responsabilités. Et quel message fait-il passer à travers cette scène que je
viens de vous décrire ? Vous n’êtes pas seuls. Il est à vos côtés.
Ce drame, au-delà des
souffrances, des douleurs, de la violence du choc, aura peut-être eu une vertu,
celle de créer une amitié indéfectible entre vous, entre nous, comme un lien
invisible qui nous relie.
Un jour, nous
commémorons ce drame, ici sans palissade, sans engins de chantier, avec des
habitants aux fenêtres de balcons fleuris, des commerçants aux rideaux ouverts,
la vie aura repris ses droits. Mais nous n’oublierons jamais. Merci encore à
vous tous pour votre présence et votre patience. Je reste indéfectiblement à
vos côtés ».